dimanche 8 janvier 2017

La maîtresse de Brecht de Jacques-Pierre Amette

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L’histoire de la maîtresse de Berthold Brecht se déroule à Berlin, quelques années après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Monsieur Brecht, l’auteur dramatique illustre et communiste, est retourné en Allemagne après une absence de quinze ans. Il a quitté sa patrie en 1933 à cause d’Hitler. Il a d’abord séjourné en Danemark et pendant la guerre il a habité aux États-Unis.  

Les autorités socialistes de l’Allemagne de l’Est se méfient de cette personnalité publique retournée de l’Amérique et ils cherchent une façon de la contrôler. C’est pour cette raison qu’ils ont besoin de quelqu’un pour lui surveiller de tout près. Bref, ils ont besoin d’un espion personnel. C’est pour ça qu’ils utilisent Marie, une jeune comédienne, Viennoise et mère d’une petite fille. Elle a voyagé à Berlin en essayant d’échapper à sa famille nazie. Elle est d’accord d’espionner Monsieur Brecht en échange d’une promesse qu’elle pourra voyager à l’Allemagne de l’Ouest plus tard.

Monsieur Brecht aime les jeunes belles femmes et la liaison est vite réalisé. L’intrigue du livre tourne surtout autour de cette liaison, mais il y a aussi quelques autres personnages qui font de la figuration. Il y a des policiers de l’État qui contrôlent le comportement de Marie et qui ramassent son information et ses photos prises en cachette. Il y a aussi quelques autres comédiennes dans l’entourage de Brecht qui jouent des petits rôles.

Pour vrai dire, je trouve le livre un peu ennuyeux. Les personnages de Marie et Berthold Brecht restent plats, les caractères ne se développent pas vraiment. On sait déjà que Marie n’aime pas monsieur Brecht, et on trouve plus tard des preuves que monsieur Brecht, lui, à son tour n’aime pas Marie. Le récit consiste en des petits événements sans intérêt. L’histoire souffle comme une chandelle. La fin de l’histoire, je la trouve assommante et décevante.

Je ne comprends pas pourquoi l’auteur a échoué à produire un livre bien plus captivant. On dirait que les ingrédients pour une histoire attirante sont tous là ; l’époque, la location, le contexte politique et le personnage intéressant de Brecht.

Le livre a gagné le prix Goncourt en 2003.


lundi 19 décembre 2016

Horace de Pierre Corneille

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La scène de cette tragédie de Pierre Corneille est à Rome dans une salle de la maison d’Horace, fils d’un chevalier romain. C’est un temps de la guerre où les empires de Rome et d’Albe s’opposent. La famille d’Horace est romaine. Cependant, la femme d’Horace, Sabine, elle est albian. Camille, la sœur d’Horace et romaine aussi, elle est l’amante de Curiace, un gentilhomme d’Albe. Il est aussi le frère de Sabine. Alors, c'est une famille mêlée.

Les armées de Rome et d’Albe se confrontent. Pour limiter le nombre de victimes en conséquence d’une bataille entre ces deux grandes armées, on décide d’organiser un combat singulier pour déterminer l’armée vainqueur. Horace et ses deux frères reçoivent l’honneur de représenter Rome, tandis que Curiace et ses deux frères à lui défendront l’honneur du côté albian.

Pour les deux femmes, Sabine et Camille, c’est une situation sans issue : chacun perdra soit leur époux ou amant, soit leur frère. Pour compléter la tragédie, après le combat singulier, le seul survivant et vainqueur Horace tuera sa sœur Camille. Horace, le sauveur de l’Empire romain, il devient un meurtrier vulgaire.

C’est une pièce de théâtre intéressant. Bien que j’aie bien aimé la lecture de cette pièce, je la trouve un peu moins émouvante mais un peu plus facile à lire que les tragédies de Racine (Andromaque, Britannicus) que j’ai lues récemment.

J'ai lu l'édition Univers des lettres Bordas. Cet ouvrage contient le texte intégral avec une notice sur le théâtre au temps de Corneille, une biographie chronologique de Corneille et une étude générale de son œuvre. Les plus importants éléments du livre pour moi surtout sont l'analyse méthodique de la pièce et des notes. En effet, je crois que j’ai consacré plus de temps à lire les explications et les notes qu’à la pièce du théâtre même.


Britannicus de Jean Racine

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Une tragédie de Jean Racine qui se déroule à Rome, dans une chambre de palais de Néron.

C'est une pièce émouvante. La langue est très belle et la lecture était un vrai plaisir.

J'ai lu l'édition Univers des lettres Bordas qui contient le texte intégral accompagné d’une notice sur le théâtre au XVIIe siècle et d’une biographie chronologique de Racine. Plus important, le livre contient aussi une analyse méthodique de la pièce avec des notes qui m’ont beaucoup aidé à mieux comprendre l'histoire et son contexte.


XVIIe Siècle d’André Lagarde & Laurent Michard

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J’ai continué mon petit projet littéraire français par étudier la collection littéraire d’André Lagarde et Laurent Michard. En même temps, je lis aussi cette autre anthologie bien connue, « 1000 ans de Littérature française » de Claude Bouthier, pour comparer les faits et les informations.

Cette fois, j’ai terminé le XVIIe siècle, c'est le troisième tome du volume de Lagarde & Michard. C’est un siècle littéraire riche : on y trouve d’écrivains comme Déscartes, Pascal, Bosuet, Boileau et Bruyère, et des poètes comme La Fontaine, Malhebre et Mainard. Mais pour moi, le XVIIe siècle est surtout l’époque du théâtre français. C’est le temps d’auteurs dramatiques comme Corneille, Molière et Racine.

Les explications et les analyses littéraires de Lagarde & Michard sont vraiment intéressantes. Bien que je ne sois pas un grand fan du théâtre, ce sont leurs exposés qui m’ont convaincu d’essayer quelques pièces. Entre-temps, j’ai déjà lu huit ou neuf pièces et je les ai aimées plus que prévu. J’ai surtout aimé « Andromaque » de Racine et « Cyrano de Bergerac » de Rostand (bien que le dernier nommé date d’une époque différente). Je vais encore lire une ou deux pièces de Corneille pour les comparer à l’œuvre de Racine, la grande querelle m’oblige...

Malgré le grand nombre d’écrivains connus du XVIIe siècle, je n’ai pas encore identifié des livres intéressants et « à lire » sauf, peut-être, « Le Discours de la Méthode » que je dois et, espérons, je vais lire ultérieurement.  Je crois que le thème de la plupart des ouvrages de ce temps soit religieux. C’est l’époque où les jansénistes et les jésuites sont pris dans leur bataille. Malheureusement, je ne trouve pas la religion un sujet trop intéressant. Les poètes du XVIIe siècle, ils restent aussi à explorer plus tard. J’ai lu seulement quelques vers de La Fontaine que je trouve très beaux et drôles.

Malgré la lecture un peu fatigante à cause de la petite taille du texte, les livres de Lagarde et Michard sont pour moi très valables. Ils donnent des informations intéressantes et ils m’incitent à chercher et lire des nouveaux ouvrages. 


dimanche 11 décembre 2016

Andromaque de Jean Racine

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Pour vrai dire, je n’aimais pas tellement le théâtre. En effet, je le croisais généralement un peu ennuyeux. Ce préjugé avait été renforcé après avoir terminé « Caligula » de Camus et les deux « pièces de Figaro » de Beaumarchais il y a quelques semaines. Je les trouvais un peu simplistes et sans vrai intérêt.

Malgré mes réserves, j’ai quand même maintenu ma lutte littéraire par aborder des pièces du théâtre, comme, récemment, « Cyrano de Bergerac » d’Edmond Rostand et « L’Alouette » de Jean Anouilh. Heureusement, j’ai bien aimé ces pièces intéressantes, émouvantes et amusantes. 

Alors, après ces bonnes expériences, finalement j’avais gagné suffisamment de courage pour attaquer les apogées du théâtre français du XVIIe siècle : les ouvrages de Jean Racine et Pierre Corneille. Les grandes pièces du théâtre en poésie !

Je dois avouer que je trouve chaque pièce du théâtre en poésie toujours plutôt difficile à lire. J’ai besoin de toute mon attention et ma concentration pour comprendre le sens du texte. C’est pour ça que je dois lire chaque page au moins deux ou trois fois : d’abord pour simplement comprendre la signification de la langue, ensuite pour savourer « le chant » de la poésie et, finalement, encore une ou deux fois pour apprécier la fluidité du texte et toutes les métaphores.

Avant de commencer à la lecture d’Andromaque, je me suis préparé un peu par étudier quelques explications sur l’ouvrage et ses sources littéraires. Cette préparation m’a aidé vraiment à mieux comprendre l’histoire et surtout à apprécier la langue.

J’ai aimé la lecture énormément ! Après environ 35 ans, je peux finalement comprendre les émotions de mon professeur de français d’autrefois… 

Bien que ce soit « Cyrano de Bergerac » qui a stimulé ma conversion au théâtre, c'est « Andromaque » qui l’a achevée. 


dimanche 27 novembre 2016

Les caprices de Marianne d'Alfred de Musset

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Une pièce de théâtre amusante et légère qui provoque souvent de grands rires. Peut-être elle est un peu courte, je l’aurais préféré plus longue. L’histoire est très simple; on trouve la femme idolâtrée bien que déjà mariée, l’amoureux frustré et le malentendu terrible. En effet, la fin de la pièce est un peu inattendue et malheureuse.

Marianne est une jeune femme totalement fidèle à son vieux mari et « un dragon de vertu ». Cœlio, un jeune homme timide et amoureux, la chasse sans résultat. Son ami à lui, Octave, essaie de l’aider. Malheureusement, cet entremetteur reste aussi sans succès. Marianne est une épouse trop loyale. Cependant, après une dispute avec son époux, Marianne change sa conduite soudainement : elle veut se libérer de la « protection » de son mari par trouver un amant. Alors, ça sera une aubaine pour Cœlio ? Non, hélas, elle s’intéresse plutôt à Octave…

mercredi 16 novembre 2016

Ahlam de Marc Trevidic

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C’est un livre que j’ai vraiment essayé de terminer, mais, après environ la moitié du texte, j’ai échoué. La première partie de l’histoire était encore plutôt acceptable, peut-être seulement un peu ennuyeuse, à cause des caractères plats et peu intéressants. Après le moment où l’auteur commence à entamer le vrai thème du livre, c’est-à-dire, la haine religieuse, la lecture est devenue désagréable. C’est pour ça que j’ai fermé le livre à mi-chemin. Les journaux m’offrent déjà toute la haine et l’agression que je peux gérer quotidiennement.  

samedi 12 novembre 2016

La promesse de l’aube de Romain Gary

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C’est une autobiographie excellente avec beaucoup d’humour et d’ironie. L’auteur présente un tableau impressionnant de sa jeunesse et de ses expériences d’aviateur pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Avant de commencer à ce livre, j’avais déjà terminé deux autres livres du même auteur, « La vie devant soi » et « Éducation Européenne ». La lecture de ce troisième livre était, encore une fois, un régal pour moi, comme prendre un bain chaud confortable. Sa façon de dépeindre sa mère dominante avec son intransigeance à elle, je la trouve magnifique. L’écriture est fluide et belle et j’ai surtout apprécié l’ironie sympathique et l’autodérision qu’on trouve partout.

C’est une histoire émouvante, impressionnante, amusante et belle. Un vrai régal ! 

mercredi 9 novembre 2016

Chanson douce de Leïla Slimani

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C’est un livre captivant que j’ai terminé  il y a quelques semaines. Malgré le thème brutal - le sujet d’infanticide n’est pas un sujet très drôle - l’histoire est plutôt agréable et facile à lire. Bien qu’on apprenne déjà au début du premier chapitre comment le récit va terminer, la lecture reste bien légère. Jusqu’au moment où les meurtres arrivent, évidemment.

Je trouve le livre bien composé et bien écrit. On peut facilement comprendre les pensées et les sentiments des personnages principaux. Cependant, je dois avouer que j’ai déjà oublié le motif décisif de la meurtrière pour finalement tuer les deux enfants. Le livre ne m’a pas ému tellement comme « Bord de mer » de Véronique Olmi. Ce livre traite le même sujet d’infanticide mais d’une façon beaucoup plus tranchante et plus difficile d’oublier. 

lundi 7 novembre 2016

La femme au mirroir de Éric-Emmanuel Schmitt

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Le livre offre trois histoires de femmes indépendantes qui essaient de trouver leurs propres voies dans leurs vies. Les histoires se déroulent dans des siècles divers. Chaque femme doit résister à des circonstances et à des forces sociales oppressantes particulières de ce temps. Pour vrai dire, chaque récit isolé est une histoire un peu simple. Les trois histoires s’alternent et c’est surtout grâce à cette alternance que le livre devient captivant. Les trois histoires se lient malignement à leurs fins.

La première histoire ressemble à un conte. C’est l’histoire d’Anna qui se déroule dans le XVIIe siècle à Bruges. Il y a un personnage principal reveur et plutôt mystérieux, on parle de la nature sauvage, et, finalement, on doit affronter un loup méchant et des règles sévères de la foi. C’est une histoire plutôt charmante malgré quelques événements cruels.

Le deuxième récit est raconté par voie de lettres écrites par la protagoniste qui vit à Vienne à la fin du XIXe siècle. Mariée avec un homme riche et ennuyeux, elle est malheureuse et frustrée. La nature sauvage de la première histoire a été remplacée ici par une société bourgeoise avec des traits sauvages et des mœurs rigoureux.  

La troisième histoire se déroule à la fin du XXe siècle aux États-Unis. Le personnage principal est une comédienne réussie qui se trouve dans le milieu d’Hollywood. C’est le milieu des célébrités et de la liberté personnelle totale. C’est la vie d’une personne riche sans limites… Or, c’est aussi le milieu de l’accoutumance, de l'abus d’alcool et de cocaïne. Cette fois, l'héroïne de l'histoire doit se débattre contre les défis d’une liberté pareille.

C’est un livre plaisant et attirant qui est aussi facile à lire. Le style est comparable avec ceux d’autres ouvrages du même auteur. J’ai surtout aimé la première histoire d’Anne de Bruges que je trouve le plus intéressante et le plus belle.